Rien ne les prédestinait ...

Publié le 10 novembre 2017

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Ch Baehr recadré

Christophe:  Quel parcours vous a amené à créer Flexcom ?                                    

Avant de créer Flexcom, j’ai participé à de nombreux projets IT où j’ai pu mesurer l’importance des besoins spécifiques à chaque client. Les outils fournis par les constructeurs étaient souvent limités en fonctionnalités ou impossibles à customiser. En cas de problème, les demandes de support et correctifs tiraient souvent en longueur, les demandes de customisations souvent rejetées par le constructeur dont le Roadmap Produit était difficilement modifiable. Cette frustration grandissante dans mon envie de trouver des solutions pour ces clients ainsi que mon goût du risque et d’entreprendre m’ont donné l’idée de créer une start-up qui pourrait apporter de la flexibilité dans ce monde des Télécoms, d’où le nom de l’entreprise : Flexcom.

A partir de quand (stade d’avancement de l’entreprise, évolution) avez-vous pensé à vous faire accompagner ?

J’ai pensé à me faire accompagner lorsque mon entreprise a commencé à grandir, une fois arrivé à 6 employés j’ai senti que je devais certainement progresser dans mon management. A cette époque nous commencions à nous développer à l’international et je désirais pouvoir gérer au mieux cette croissance. C’est par l’intermédiaire de la MCAC que j’ai eu la chance de rencontrer Rachel Gaessler qui m’a tout de suite convaincu de rejoindre son projet.

Sur quoi avez-vous progressé ?                                                                                                                                      

J’ai progressé sur la prise de décision, pouvoir prendre des décisions difficiles si nécessaire. J’ai une meilleure vision sur mon projet d’entreprise, les valeurs de ma société, notre stratégie produit, et l’importance d’un plan d’affaires régulièrement mis à jour.

Où en est Flexcom aujourd’hui ?                                                                                                                      

Aujourd’hui Flexcom compte 18 employés, nous avons des succursales en Suisse, en Angleterre et en Espagne. Nous venons de signer un contrat de distribution au niveau européen avec l’un des plus grands distributeurs IT, nous travaillons avec un réseau de 20 partenaires et nos outils sont utilisés par environ 500 entreprises pour un chiffre d’affaires d’environ 2 millions d’euros. Notre potentiel de croissance est énorme, nous devrions multiplier nos ventes par 10 d’ici 2020 si notre stratégie de distribution en Europe se déroule comme prévu.  

David

Comment s’est passé votre premier entretien avec Christophe ?                                                                                

Je me souviens avoir demandé à Christophe quelles sont ses attentes et besoins. Lui et Flexcom se trouvaient alors à un moment charnière. Il était en recherche d’un second souffle, après une période de start up qui lui donnait le sentiment de stagnation et d’avoir trop la „tête dans le guidon“. Christophe ne se voyait pas continuer avec la même débauche d’énergie. Il commençait à s’épuiser. Et puis, le premier entretien a aussi été l’occasion de créer les conditions d’une relation bienveillante, respectueuse et ne jugeant pas. C’est une grande chance d’avoir accès à ce type de relation dans son cadre professionnel. Aucune partie prenante de l’entreprise (hiérarchie, collaborateurs, clients, conseil d’administration, fournisseurs) ne peut remplir ce rôle.

Sur quels points l’avez-vous aidé ? Pouvez-vous nous donner un exemple concret ?                                                

 Je pense que la relation mentorale a permis à Christophe d’identifier certains obstacles au développement de son entreprise. Il a ensuite été en mesure de décider des actions concrètes à mettre en oeuvre pour surmonter ces obstacles. Je pense aussi que nos échanges lui ont permis de lever ses doutes, de ne pas avoir la main qui tremble quand il s’agit de mettre ses décisions en action. J'ai d’abord proposé à Christophe de prendre le temps de se poser, et de formuler par écrit la vision, les missions et les valeurs qu’il veut incarner dans son projet entrepreneurial. Il a immédiatement adhéré à cette proposition. Il a compris que cela lui permettrait de porter son projet sur le long terme... 

Quelle expérience tirez-vous de cette expérience?                                                                                                                                           

Cette relation avec Christophe m’a permis d’expérimenter la force de l’écoute, du questionnement critique, bienveillant et ouvert.  Le rôle de mentor est intellectuellement et humainement fascinant. Il permet de faire la découverte de nouvelles technologies, de nouveaux marchés, de nouveaux modes de management, il oblige à poser les bonnes questions, à veiller à ne pas tomber dans les biais de décision. Lors d’une de nos dernières réunions Mentor/Mentoré, un mentoré disait: „Quand on rencontre, on se rencontre“. Le mentor accepte que le mentoré lui apprenne des choses sur lui-même.  Christophe et moi-même continuons à nous voir de façon régulière, en privé. Nous échangeons bien sûr sur la situation de ses affaires, sur nos projets professionnels respectifs, et aussi sur nos intérêts privés communs: nos enfants, la musique, les voyages.

En quoi votre parcours et celui de Christophe sont similaires ? Christophe a-t-il rencontré les mêmes situations que vous ?                                                                                                                                                  

L'expérience que nous partageons maintenant à l’issue de ce parcours de mentorat, est celle d’appuyer nos décisions et actions sur un système de valeurs avec lesquels nous nous sentons très confortables. Nous avons tous les deux à des moments différents de notre carrière identifié nos valeurs, faisons régulièrement le tri parmi les impératifs formulés plus ou moins explicitement par notre histoire, notre environnement familial, notre entourage professionnel (actionnaires, hiérarchie, fournisseurs, clients, etc…). Ces valeurs nous permettent de puiser la force nécessaire dans les moments de crise.

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